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La santé des personnes détenues est un des cinq chantiers prioritaires de la stratégie nationale de déploiement de la télémédecine, pilotée par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS).

Contexte et enjeux

La réponse aux besoins de santé des personnes détenues ne peut pas toujours être apportée au sein de l’unité sanitaire, notamment l’accès aux différentes spécialités. L’organisation de l’extraction d’un détenu pour assister à une consultation est souvent complexe. De ce fait, la télémédecine est un élément de réponse à la problématique d’accès aux soins pour les personnes détenues. Elle permet :

  • Une optimisation de la prise en charge en facilitant l’accès aux soins, en améliorant la prévention et la qualité de vie, notamment pour les patients atteints de maladies chroniques nécessitant un suivi ;
  • Une maîtrise du recours aux extractions et hospitalisations, qui représentent un coût et une logistique très importante du fait des impératifs sécuritaires du milieu carcéral ;
  • Une amélioration de la coordination, notamment entre les Unités Sanitaires situées dans les établissements pénitentiaires, les établissements de santé de référence, le Service Médico- Psychologique Régional (SMPR), l’Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA) et l’Unité Hospitalière sécurisée Inter-régionale (UHSI).

Déploiement de la télémédecine à destination des populations détenues en Bretagne

En 2015 et 2016, le GCS e-Santé Bretagne, missionné par l’ARS, a mené une étude amont, visant à analyser les besoins des personnes détenues en Bretagne en termes d’accès aux soins et de continuité des soins et de proposer des réponses pertinentes.
La première étape de cette étude a permis d’analyser l’activité des professionnels de santé au contact des personnes détenues, et à faire émerger les besoins, exprimés ou non. La seconde étape a permis d’identifier les activités de télémédecine susceptibles de répondre à ces besoins, puis à en étudier la faisabilité, de façon à en évaluer la pertinence au regard des implications organisationnelles, techniques, métiers, juridiques et médico-économiques.

L’étude a permis d’identifier 3 domaines prioritaires :

  • La dermatologie et le suivi des plaies : dans l’ensemble les personnes détenues sont sous-médicalisées à leur entrée et placées dans des conditions de détention favorisant la transmission d’affections dermatologiques (surpopulation, promiscuité, manque d’hygiène corporelle) ;
  • La pré-anesthésie : la consultation pré-anesthésique s’insère dans un processus associant une autre spécialité et à une temporalité liée à celle de l’intervention chirurgicale (au maximum 1 mois avant la date de l’intervention et au minimum 48h avant). La programmation des extractions doit donc tenir compte de ces deux contraintes ;
  • La psychiatrie : au moins un trouble psychiatrique est identifié chez huit détenus sur dix (rapport annuel de la Cour des Comptes de 2015) : troubles anxieux, troubles thymiques, addiction … La complexité réside dans la juste identification de la pathologie et dans l’absence de suivi.

En 2018, le premier projet breton de télémédecine à destination des populations détenues verra le jour entre le Groupement Hospitalier de Bretagne Sud et l’Unité Sanitaire du Centre Pénitentiaire de Lorient-Ploemeur. Les détenus bénéficieront de téléexpertises en dermatologie.